[DR Congo] The hell of mining in Katanga / [RDCongo] l’enfer des mines au Katanga

FAIR member Eric Mwamba describes how rapacious mining in Katanga kills, maims and poisons, whilst ‘friends of government’ do good business. The article was refused by two media in DRC before it was published by Le Phare in French, Foetus endommagés, cancer et de nombreux cas de décès : RDCongo, l’enfer des mines au Katanga. Below is the original story in French, followed by the English translated version.

Foetus endommagés, cancer et de nombreux cas de décès : RDCongo, l’enfer des mines au Katanga

Lundi, 18 Juin 2012 – Eric Mwamba

Virginie Mikombe, 24 ans. La jeune femme a payé un prix élevé, mais nécessaire, la césarienne, pour avoir son bébé à l’hôpital Don Bosco de Lubumbashi. Des tests préalables avaient révélé des anomalies du fœtus. Le bébé, de sexe masculin, allait naître avec des intestins hors de l’abdomen. Il aurait pu être sauvé si l’opération avait eu lieu dans un hôpital bien équipé de Johannesburg ou une autre ville d’Afrique du Sud. Mais cela exigeait des moyens au-dessus des capacités financières de Virginie. Le bébé n’a pas survécu !

Le Dr. Kakudji, un gynécologue expérimenté,  est convaincu que le cas du bébé de Mikombé est un sinistre lié à la présence d’uranium dans l’eau de la rivière consommée par les habitants du village de la victime. « Une femme enceinte qui boit de cette eau s’expose à des risques d’éviscération du fœtus » a-t-il déclaré. Kipushi, le village de Mikombé, est non loin des dépôts de minéraux de la SOMIKA, Société Minière du Katanga, qui achète aussi des produits d’exploitation artisanale. La mine de la SOMIKA se situe en amont de la rivière boueuse de Kimilolo. Une rivière qui ravitaille la population en eau. La compagnie n’achète officiellement que les minerais de cobalt mais selon des rumeurs, elle se livre à des forages en vue de l’exploitation de l’uranium.

Dans la province du Katanga, sud-est de la RDC, de nombreuses familles connaissent l’expérience des enfants qui naissent soit sans cerveau, sans abdomen, soit avec de sérieux problèmes de croissance. Selon les statistiques du ministère de la santé, concernant la ville de Lubumbashi « Le taux de naissance des bébés avec des déficiences est passé de 5 en 2008 à 60 en 2011. » Pour le président de l’ ASADHO/Katanga, Jean Claude Baka, ces chiffres sont faibles « parce que la plupart de ces cas ne sont pas déclarés. »»

A Kisanga, dans le voisinage de Lubumbashi, une femme a récemment donné naissance à un bébé présentant des caractéristiques d’un prématuré en dépit de la durée normale de la grossesse, pendant que trois autres nouveau-nés dans la même période étaient macrocéphales. Deux sont décédés à l’hôpital. Docteur Rukan, directeur de l’hôpital général de Kisanga a relevé que « ces nouvelles maladies » touchent les femmes enceintes qui ont été en contact avec « les minerais radioactifs transportés par des camions qui traversent nos villes. »

Dans le quartier Zambia VI, une bourgade lushoise, une vendeuse du marché, madame Mpeko âgée de 35 ans se plaint que ses enfants de 11 et 15 ans souffrent de “brûlures sur la langue, au palais et aux lèvres » surtout en saison des pluies. Dans une menuiserie non loin, son voisin, un homme de 41 ans déclare lui aussi connaître ces brûlures. « Dans ma famille nous utilisons de l’huile de palme pour apaiser la douleur, » révèle-t-il.

Madame Mpeko et monsieur Mulimbi pensent que « le trafic intense » de camions de la compagnie d’exploitation, de traitement et de commercialisation des minéraux, Chemaf, une succursale de Shalina, le géant pharmaceutique indien, qui gère une usine de traitement d’acide sulfurique en plein Lubumbashi, serait la cause de leurs malheurs. Chemaf est un des principaux sponsors de l’équipe de football, TP Mazembé qui appartient au gouverneur de la province Moïse Katumbi. Une équipe qui possède deux avions privés et gère un budget annuel d’environ 20 millions de dollars. De nombreuses plaintes judiciaires portant sur des cas de pollution contre Chemaf ont été abandonnées. Dans la nuit du 12 au 13 mars, un camion-citerne appartenant à Chemaf entre en collision avec un bus sur l’avenue Kwele, l’une des principales artères de la ville de Lubumbashi.

Une  importante quantité d’acide sulfurique est ainsi déversée dans le quartier. Chemaf a nié toute responsabilité en attribuant « l’accident » à la société de transport.

Plusieurs fois par jour, les camions partent d’une banlieue proche où se trouvent les usines de Chemaf. Ici, les gens se plaignent de maux d’yeux à cause de la fumée. Après quelques jours dans cette zone,  moi-même aussi, j’avais eu les mêmes allergies. Des brûlures et écoulements des yeux.

90% des gens dans cette région ne sont pas officiellement embauchés. Ceux qui souffrent de ces problèmes ne peuvent pas se rendre dans les hôpitaux coûteux. Ils comptent plutôt sur la médecine traditionnelle, les miracles promis par les églises ou les charlatans. Beaucoup meurent dans l’anonymat. Ils ne figureront jamais dans les statistiques. « L’eau de la rivière consommée par plus de 70 pour cent est identifiée comme la source principale de ces maladies » indique le rapport susmentionné.

Une autre étude de plus en plus poussiéreuse dans les étagères de la bibliothèque de l’université de Lubumbashi, sans espoir que les autorités la lisent indique « qu’il serait difficile de trouver une rivière dans la région de Lubumbashi sans soupçons d’être  sérieusement touchée par la pollution». De nombreux sites ruraux et urbains de cette province sont proches des lieux d’exploitation minière. La loi congolaise libéralise l’exploitation minière artisanale. Article 26 du code minier. Cependant, le code du travail ne contient aucune clause spécifique relative à la sécurité des creuseurs et exploitants artisanaux qui ne sont que des travailleurs informels. Résultat, ils meurent comme des insectes.

Des décès suite à des accidents 

La République Démocratique du Congo (RDC) n’a pas ratifié la convention 176 de l’Organisation des Nations Unies (ONU) avec son protocole sur la santé et la sécurité dans les zones d’exploitation des mines. En même temps, l’Organisation pour le Développement et la Coopération Economique (OCDE) demande aux multinationales de respecter les droits des populations locales et d’entretenir de bonnes relations avec celles-ci. Les multinationales doivent informer les populations sur les risques liés à l’environnement et les mettre au courant au fur et à mesure des efforts qu’elles entreprennent pour réduire ces risques. Selon tous les témoignages, les méthodes d’exploitation et de transport des minerais au Katanga ne sont pas en phase avec ces attentes. L’organisation internationale “Global Witness” rapportait déjà en 2007 que « la pratique de l’exploitation artisanale dans le secteur minier constitue une violation des dispositions légales » en ce qui concerne la loi sur l’exploitation minière votée par la RDC elle-même.

La situation s’est davantage détériorée en 2012. Des mineurs et leurs familles évoquent le taux de plus en plus élevé de décès dans les mines. Ils sont cependant les seuls à évoquer ces faits. Il n’existe ni statistiques ni rapport au sujet des accidents et de ces décès. Les travailleurs meurent parfois dans les mines sans que leurs familles ne puissent revoir leur corps.

Un mineur de Kolwezi, nommé Muhuna explique que deux des membres de son équipe ont perdu la vie dans une mine entre les mois d’Avril et de Novembre 2011. Plusieurs fois rescapé des glissements de terrains, il confie qu’il continue d’entendre parler des décès accidentels dans les mines de la région « pratiquement chaque mois ». Selon lui, « uniquement dans les régions de Kolwezi et Likasi, il y a eu 50 décès dans les accidents des mines l’année dernière ».

Un puits peut avoir une profondeur allant de 25 à 50 mètres.  En suivant un canal de  métaux précieux, les mineurs travaillent pendant plusieurs heures dans la chaleur et dans l’obscurité souvent sans assez d’oxygène. Ils utilisent des bougies pour s’éclairer. Les équipes se relèvent dans des trous profonds, les unes après les autres une fois que ceux qui sont fatigués montent à la surface. Quand le terrain commence à glisser, un signal d’alarme est donné par des membres de l’équipe qui essaient de retenir le glissement. Parfois les sauveteurs meurent dans ces glissements en même temps que ceux qu’ils essaient de sauver. Il arrive même que les victimes restent prisonnières d’une couche épaisse de terre et meurent lentement. « Lorsque vous échappez par miracle à un tel accident fatal, vous vous efforcez les mains nues, de sauver vos compagnons qui sont dans les décombres. Mais vous voyez vos chances s’amenuiser rapidement,» a confié Muhuna.

Pour lui, « la plupart des personnes décédées sont considérées par leurs familles comme étant absentes parce qu’elles ne reçoivent pas de nouvelles ni des rapports officiels faisant état de leurs décès ». Muhuna se rappelle de plusieurs cas de décès de mineurs causés par ignorance, manque d’équipement et  méconnaissance des mesures de protection. Les mineurs restent trop longtemps dans les eaux polluées pour laver les minerais. Ils ne portent  ni gants, ni chapeau ni combinaison.

Ils chargent des camions en transportant des sacs de 50 kg, parfois deux sacs à la fois sur les épaules. A Lwisha, près de Likasi, au moins deux mineurs sont morts récemment d’asphyxie causée par la fumée d’une pompe installée à l’intérieur du puits au lieu qu’elle soit installée à l’extérieur.

Les autorités et même les entreprises qui achètent des produits auprès des exploitants artisanaux affichent l’indifférence. Les mineurs n’ont pas d’autre choix. « Le travail minier est le seul emploi accessible. « C’est tout simplement parce que nous n’avons pas d’autres alternatives »  a déclaré un ancien travailleur des chemins de fer, qui est encore officiellement employé par la SNCC (Société Nationale de Chemins de fer Congolais), mais qui n’est pas payé depuis cinq ans. Il travaille maintenant comme mineur, tout comme son voisin Martin Malango, tous deux du village de Kawama.

Les affaires avec des amis

Malango a perdu son emploi lorsque la compagnie aérienne « Hewabora Airways » a été, sur décision du gouvernement,  définitivement clouée au sol l’année dernière à la suite du crash de Kisangani. Dix ans en arrière, de grandes entreprises telles que la Gécamines et la SNCC offraient de bons emplois et des services décents aussi bien aux travailleurs qu’à la population. La situation s’est considérablement détériorée au cours des dernières années. Les entreprises qui n’ont pas « d’amis » dans certains cercles ont du mal à survivre en RDC aujourd’hui. Et ceux qui ont des « amis » font généralement fi des droits des travailleurs ou de la population. Beaucoup sont affranchis d’impôts et des redevances diverses dues à l’Etat.

Les deux mineurs font partie de centaines de creuseurs illégaux qui ont été chassés de force des mines de Kalukuluku et de Lukuni par  la police en novembre 2009. Selon les ONG locales des droits de l’homme, l’ACIDH et la FIDH (Fédération Internationales des Droits de l’Homme), l’opération en elle-même était illégale vu que la loi congolaise autorise l’exploitation minière artisanale. Une opération menée avec une telle brutalité qu’il y a eu des morts, des blessés et des centaines d’habitations détruites à Kawama, selon les ONG.

Dans les bureaux de EMAK/Kolwezi, le petit syndicat qui prétend défendre les droits des mineurs artisanaux et des commerçants, personne n’a  accepté de parler des registres des statistiques. Une source interne indique tout simplement que l’organisation est au courant des décès mais n’a pas les moyens de les documenter. Une position qui semble difficile à comprendre. Muhuna, qui est un creuseur  tient un registre même si ce n’est que de mémoire. EMAK/Kolwezi ne peut-il pas faire autant? En RDC, les organisations de la société civile vacillent entre une pauvreté abjecte et un appareil de l’Etat répressif. Elles finissent par se mettre au pas. Notre source au sein de EMAK ajoute que chaque fois que des allégations ont été rapportées au sujet des accidents mortels, les autorités n’ont point daigné diligenter d’enquête ni contacter les familles des victimes.

Trafic d’uranium : « Si tu contrôles des gens qu’il ne faut pas, tu risques de perdre ton emploi »

Selon certaines études disponibles à l’université de Lubumbashi, des mines officiellement étiquetées de “cuivre” ou de “cobalt” pourraient aussi exploiter de l’uranium. « La hiérarchie militaire est impliquée aussi bien dans l’exploitation minière que dans la commercialisation» en regardant ce qui se passe à Shinkolobwe, une mine d’uranium officiellement fermée, gardée par l’armée, mais toujours en activités.

L’usage des scrutateurs Geiger au poste frontalier de Kasumbalesa à 90 kilomètres de Lubumbashi, montre que le trafic d’uranium est pris très au sérieux par les autorités. Les agents des frontières appliquent ces moyens sur chaque camion comme mesure de sécurité en vue de détecter la radioactivité des minerais à bord. Ce, visiblement pour arrêter le trafic illégal. « Mais ce n’est que de la farce, » confie Arthur Kaniki Tshiamala, vice doyen chargé de la recherche à l’université de Lubumbashi. « Ces équipements ne peuvent pas détecter la radioactivité des minerais », affirme le chercheur. Sa thèse de doctorat intitulée « Caractérisation environnementale des rejets minero-metallurgiques du Copperbelt Congolais » est un ouvrage de référence sur la question. « Le fait de détecter la radioactivité ne contribue pas à cesser la pollution » a-t-il ajouté. «Des déchets qui tombent des camions polluent l’air et le sol ». En période pluvieuse, « le processus de contamination se généralise rapidement  sur les eaux de surface et souterraines », explique-t-il.

En plus des dangers de l’uranium sur la santé, il faut ajouter que la densité du trafic apporte d’autres problèmes tels que les bruits, la fumée, la vulnérabilité de la population, les risques d’accidents et la désintégration des infrastructures de base.

Hakuna Matata

Idéalement, les minerais sont transportés par voie ferrée pour leur sortie hors des communautés. C’était le moyen de transport de choix il y a dix ans. Il était assuré par la SNCC, qui transportait non seulement les marchandises à l’intérieur de la RDC mais aussi à destination de l’extérieur vers la Zambie, la Tanzanie et l’Afrique du Sud. Maintenant que la SNCC n’existe plus, le transport est effectué par des routiers loin de remplir les conditions environnementales. Une entreprise appelée avec justesse « Hakuna Matata » qui signifie « pas de problème » en Swahili a pratiquement le monopole du transport de minerais dans cette province. Selon une source en son sein «Hakuna Matata » appartiendrait à une personnalité de la province. Hakuna Matata possède un parc de 111 camions et un chiffre d’affaires annuel de plusieurs millions de dollars. Il ferait partie de plus grands pollueurs de la région. Plusieurs agents de la douane et de postes de péage sur la route allant de Kasumbalesa à Kolwezi racontent la même histoire. « Il y a des camions qui échappent au contrôle des effets radioactifs et au péage qui est de 300 dollars par camion. Avec trois points de péage en place un camion payerait 900 dollars par voyage. Considérant le nombre de camions qui passent par jour, le Trésor public perd plus de 700 millions de dollars par an. « Si tu es téméraire à contrôler des gens qu’il ne faut pas,  un coup de téléphone suffit pour que tu perdes ton emploi », a confié un agent des douanes à Kasumbalessa.

En 2007, la brigade anti-fraude de Likasi, une ville de plus de 200.000 habitants près de la mine de Tshinkolobwe avait intercepté quatre camions transportant le minerai d’uranium. Le procureur de la ville avait ordonné la destruction de la cargaison, mais très vite 17 tonnes – le contenu d’un camion – ont été renversées dans la rivière Mura alors que les trois autres avaient disparu. L’eau polluée a provoqué mort d’homme et du bétail, selon les résidents mais aucune enquête n’a été diligentée par les autorités.

Une année plus tard, un journaliste local qui enquêtait sur la tragédie a été retrouvé mort, « empoisonné », selon ses parents. Le maire de la ville de Likasi, Marth Tshiwengo, a été démis de ses fonctions pour « avoir laissé un journaliste filmer la pollution et autorisé l’interview de la famille des victimes », a déclaré une source proche de l’affaire. Le ministre de l’environnement de l’époque, Didace Pembe, a réfuté toute responsabilité arguant qu’il s’agit d’une « exagération de la presse ». La cargaison appartenait à une compagnie chinoise, Magma-Lubumbashi, qui s’était, elle-même, déclarée  innocente.

Invitées à commenter, les autorités ont tourné en rond. A  Lubumbashi les départements locaux de mines et de la santé ne sont pas en mesure de répondre aux questions du reporter sans l’avis de « la hiérarchie ». En privé, un agent du ministère de l’environnement a tenu pour responsables « ceux qui délivrent des permis d’exploitation minière à partir de leurs bureaux climatisés de Kinshasa ». Selon lui, « les départements provinciaux n’ont ni  ressources ni influence » face à la « corruption et au chantage ». Les patrons des entreprises sont « des amis des autorités », dit-il.

Le gouvernement national de Kinshasa ne tient pas compte des rapports des structures locales. Au contraire, il semble les réfuter. Un procureur de Kolwezi qui a requis l’anonymat a déclaré que « des inspecteurs et des juges courageux qui ont osé faire des enquêtes sur l’exploitation minière et de la commercialisation des minéraux ont reçu des ordres fermes d’abandon de leurs propres supérieurs ». Toutefois, le ministère national de l’environnement reconnait « certains faits » mais déclare ne pas être responsable de l’aspect judiciaire. Même son de cloche du côté du département des mines.

A leur tour, les entreprises minières ne reconnaissent aucune responsabilité par rapport à l’environnement, au sort des exploitants miniers artisanaux et les droits des populations locales. Aucune de ces entreprises ci-dessus citées n’a accepté de répondre à nos questions. Les courriers électroniques et les appels téléphoniques sont restés sans réponses. A Lubumbashi un agent local a cependant déclaré que sa compagnie versait ses impôts. « La protection de l’environnement relève de la responsabilité du gouvernement », selon lui. Un représentant de la SOMIKA, la compagnie commerciale qui achète des produits des exploitants artisanaux a reconnu que beaucoup de mineurs sont morts mais que sa compagnie n’a rien à y voir étant donné qu’il s’agit de gens qui s’emploient eux-mêmes.

*Les noms des personnes civiles ou des mineurs  ont été modifiés à leur demande 

The hell of mining in Katanga, DR Congo

Uranium-damaged foetuses, cancer and forty deaths per week

By Eric Mwamba

Virginie Mikombe*, 24, paid for an expensive, but necessary, caesarean to have her baby in Lubumbashi’s Don Bosco Hospital, after tests indicated that not all was all right.  The baby boy was born with all intestines outside of his body. He could have been saved with an operation in a better-equipped hospital in South Africa, but this was beyond Virginia’s means. The infant died.

Gynaecologist Dr. Kakudji believes that Mikombe’s baby is a casualty of uranium contamination in the river Kimilolo, which provides drinking water to the village where his patient lives. “A pregnant woman who drinks that kind of water, exposes herself to the risk of evisceration of the foetus”, he says.  Virginie Mikombe’s village, Kipushi, is close to the mining deposits of the Katanga Mining Company, SOMIKA, a buyer of ore mined by artisanal miners. The mine itself lies upstream of the muddy Kimilolo, the river that supplies water to the population. Somika officially buys only cobalt ore, but rumour has it that there is also informal, and secret, digging for uranium.

In Katanga province, many families have experienced cases of children born without a brain, abdominal wall, or with growth problems. Statistics from the provincial Ministry of Health indicate that, in Lubumbashi, “cases of children born with birth defects  went from five per thousand in 2008 to 60 per thousand in 2011.” The numbers are too low, says Jean Claude Baka, chairman of the local human rights NGO ASADHO, because “many of these cases are not reported.”

In nearby Kisanga, a woman recently gave birth to a full-term baby with the size of a premature-born, whilst three other babies born here recently were macrocephalic. Two died still in the hospital. Dr. Rukan, director of the Kisanga General Hospital, has noted ‘these new diseases’ in pregnant women who have been in contact with ‘the radioactive minerals that are transported in open trucks through our cities.’

In Zambia VI district, on the outskirts of Lubumbashi, market saleswoman Mpeko, 35: complains that her children of 11 and 15 suffer from “burns on the tongue, palate and lips,” in the rainy season. In a nearby carpentry shop, her neighbour Mulimbi, 41, confirms that, he too, is acquainted with such these burns. “In my family, we use palm oil to soothe the feeling.”

Both Mpeko and Mulimbi suspect that the “intense” truckloads of products of the copper and cobalt mining, processing and trading company Chemaf, -part of the Indian pharmaceutical giant Shalina-, which operates a sulphuric acid-factory in the middle of L’shi village, are the cause.  Chemaf is a major donor for the provincial football team, Mazembe, owned by provincial governor Moise Katumbi. Mazembe owns two new private jets and operates on an annual budget of 10 million Euro.  Several judicial inquiries regarding pollution complaints against Chemaf have been abandoned in recent years. On the night of 12 to 13 March, a Chemaf tanker filled with large amounts of sulfuric acid collided with a bus on one of Lubumbashi’s main thoroughfares, Kwele Avenue. Chemaf denied responsibility, attributing the accident to the transporting company.

The trucks leave, many times per day, from the nearby suburb where Chemaf runs its factories. Here, people complain of vision problems and sore eyes as a result of the smoke. After a few days in the area, my eyes, too, water and burn.

90% of people in this region are not formally employed. Therefore, those who suffer health problems do not go to costly hospitals, but rely on traditional medicine or miracle cures promised by churches and charlatans. Many people die in anonymity; they will never be recorded in official statistics. “The river water consumed by over 70% of the population is singled out as the source of these diseases,” the aforementioned report by the provincial department of health says.

Another study that is gathering dust on the shelves of the library of the University of Lubumbashi, unlikely to even be read by the authorities, reports “that there are hardly any streams in the Lubumbashi region that are free from a suspicion of serious pollution.”  All the rural sites in this province border mining operations.

The mining operations are a free-for-all. Artisanal mining, by whoever feels inclined to do so, of minerals is liberalized and recognized by Article 26 of the Mining Code. However, the Labour Code contains no specific provision for security for diggers, who are mere informal workers. They die like insects.

Deaths from accidents

The DRC has not ratified UN Convention 176 with its protocol on health and safety in mining. However, the OECD (the Organisations for Economic Cooperation and Development) prescribes that multinational companies must respect the rights of, and develop good relations with, local populations. They should also inform these populations of any risks to the environment, and update them with regard to the progress they are making in minimizing these risks. Mining and transporting practices in Katanga clearly do not live up to these expectations. Worse, Global Witness reported, already in 2007, that “current practices in the artisanal mining sector in Katanga are an undeniable violation of legal provisions,” even with regard to the DRC’s own basic public safety laws.

In 2012, the situation has deteriorated further. Mineworkers and their families speak of an increasing death rate in the mines. They are the only ones, however, who mention these things. There are no statistics or other documented reports concerning accidents and deaths. Miners often die in the mine itself, without families even being able to recover their bodies.

Kolwezi miner, Muhuna, explains that two of his own teammates lost their lives in the mines between April and November 2011. Repeatedly rescued from death from landslides himself, he says he hears of deaths from accidents in mines in the region ‘almost every month’. “In the Kolwezi and (nearby) Likasi areas alone there have been 50 deaths in mining accidents last year”, he says.

A mine shaft may have a depth between 25 and 50 meters. By following a vein of precious metals, miners work for several hours crouched in heat and darkness, without much oxygen.

They use candles for light. Team mates take turns in the deep holes, one after the other, as fatigued colleagues emerge. When the earth begins to give way, team members sound warnings and try to stop the landslide.  Sometimes, the rescuers die in the landslides, together with those they are trying to save. Sometimes, victims remain trapped under thick layers of earth and die slowly. “When you miraculously escape a fatal accident, you struggle with bare hands to save your comrades who are buried, but you see your chances shrink rapidly”, says Muhuna, adding: “most dead miners are simply regarded by their families as missing, because they don’t receive official information on their deaths,”

Muhuna remembers several cases of deaths of miners due to ignorance, lack of equipment or knowledge of protective measures. Miners remain in polluted water for too long when washing the ore. They don’t wear gloves, boots, hats or overalls. They load trucks carrying bags of 50 Kg gross, sometimes two bags at once, on their shoulders. In Lwisha mine, near Likasi, at least two miners died recently of asphyxiation, due to smoke from a pump installed inside the shaft instead of outside.

Authorities and companies who buy from these mines are informed, but remain indifferent. The miners are aware of the danger but have no choice: mining is the only job there is. “It’s simply a question of a lack of alternatives,” says a former railway worker, Auguy Mwema, who is still officially employed by the national railway company SNCC (Societe Nationale de Chemins de fer Congolais), but who hasn’t been paid in five years. He now works as a miner, as does his neighbour in the village of Kawama, Martin Malango.

The businesses with the friends

Malango lost his job when the local airline, Hewa Bora Airways, closed its doors last year.    It went out of business because it could not compete with CAA, now the province’s sole airline, in which former Premier Minister Adolphe Muzito and his wife Chantal are the majority shareholders.  Whereas, even ten years ago, big companies like Gecamines and the SNCC offered good employment and decent services to both workers and the surrounding population, the situation has deteriorated significantly under president Joseph Kabila. Businesses that don’t have ‘friends’ in the government find it difficult to survive in the DRC today. And those who do have such ‘friends’ generally don’t pay much heed to workers’ or population rights. Most are exempt even from paying tax.

The two miners form part of the hundreds of ‘illegal diggers’ who were, in November 2009, forcibly removed by police from the Kalukuluku and Lukuni Station mines. According to local human rights NGO’s ACIDH and FIDH, the operation was itself illegal in view of the fact that Congolese law allows for artisanal mining.  The operation was, according to the NGO’s, so brutal, that it left several dead, others wounded and hundreds of local dwellings in Kawama destroyed.

The NGO’s blame the mine’s principal mining companies, the Compagnie Miniere du Sud Katanga, CMSK, and the Entreprise Generale Malta Forrest, both owned by the George Forrest Group, who reportedly simply called the police to assist their own security agents in their operation against the artisanal miners. George Forrest is a good friend of provincial governor Moise Katumbi.

In the offices of EMAK/Kolwezi, the small union that purports to defend the rights of artisanal miners and traders, no-one wants to talk on the record. An inside source simply says that the organisation is aware of deaths but ‘doesn’t have the means’ to keep statistics.  It seems difficult to understand this position. Mineworker Muhuna keeps a record, even if it is only in his head. Couldn’t EMAK/Kolwezi do the same? Or are they being paid off by the big bosses, as some members suspect?

It wouldn’t be the first time, in the DRC, that a civil society organization, wedged between abject poverty and a repressive state, ends up ‘cooperating’ with the powers-that-be. The EMAK source adds that, each time allegations have been reported on fatal accidents, the authorities have not bothered either to investigate or make contact with the victims’ families.

Uranium smuggling: ‘if you control the wrong people, you can be fired’

According to some of the studies found at Lubumbashi University, mines that are officially labelled as ‘cobalt’ and ‘copper’ mines may in fact contain uranium. “The DRC is a hub of uranium smuggling”, says Jean Claude Baka of ASADHO. “The military hierarchy is involved, both in the mining and in the trade.”

The use of geigertellers at the Kasumbalesa border post, 90 km from Lubumbashi, shows that uranium smuggling is taken seriously by the authorities. The border officials apply the devices to each passing truck, officially as a safety measure, to detect radioactivity of any ore that is carried -and then, ostensibly, to stop the illegal traffic.  “But it is only pretense”, says Kaniki Tshiamala Arthur, Deputy Dean of Research at the university of Lubumbashi. “These things can’t detect the radioactivity hidden in the ore.” Arthurs’ doctoral thesis titled “Environmental nature of metal discharges in the Congolese Copperbelt” is a reference book on the subject.  “And even if radioactivity would be detected not help to stop the pollution at all”, he adds. “Waste falls of trucks and pollutes the air and soil.  When it rains, surface water and groundwater are contaminated and spread widely.”

Additional to the health dangers posed by the uranium, the heavy transport itself brings other problems: noise, smoke, damage to the community,  the risk of accidents, the disintegration of basic infrastructure.

Hakuna Matata

Minerals are ideally transported by rail, away from communities. This was the transport of choice ten years ago. It was provided by , the SNCC, which transported goods not only inside the DRC but also to and from Zambia, Tanzania and South Africa. Now that the SNCC is no more, it has been replaced by  motor carriers, most of which are reluctant to meet environmental standards. A company aptly called ‘Hakuna Matata’ (‘no problems’, in Swahili) holds the near monopoly in the transport of minerals in this province. Company registry data on the company are non-existent, and no-one in the Ministry of Economy responded to questions on the subject, but according to a source inside the company, Hakuna Matata belongs to Carine Katumbi, wife of the governor of Katanga Province, Moise Katumbi. The same source added that BONINO BATISTA, Honorary Consul of Italy in the DRC, who resides in South Africa, is the manager, and that one of the shareholders was Augustin Katumba Mwanke, the late powerful adviser to President Joseph Kabila. Katumba Mwanke was killed in a plane crash on February 12.

Hakuna Matata has a fleet of 111 trailer trucks and an annual turnover of over several million dollars, and is among the biggest polluters in the region. Several customs officials and toll booth workers at the border post and on the road from Kasumbalesa to Kolwezi tell the same story: that Hakuna Matata trucks regularly escape radioactive controls as well as payment of toll fees set at $ 300 per truck. With three toll booths in place, a truck would have to pay $ 900 per transport. Counted over the number of trucks per day, Hakuna Matata evades about $ 700 million per year in this way. “If you are reckless (about controlling the wrong people, EM) , a phone call from an Army General or a Minister can be enough for you to lose your job”, says a customs officer at Kasumbalessa.

Across the border, Zambian president, Michael Sata, has expressed concern about the toxic hazards his citizens may be exposed to from the uranium trucks from the DRC, but he has not put measures in place to stop the traffic. “The DRC shares a long border with Zambia. We have many common economic interests. Our energy comes from the DRC. Sata cannot really stand up to Kabila”, says an official in the Zambian Ministry of Mines and Minerals. “The interests behind the mining and the trading are so powerful that they could easily topple him ».

In 2007, the anti-fraud brigade of Likasi, a city of more than 200 000 inhabitants near the mine Tshinkolobwe, intercepted four trucks carrying uranium ore. The Prosecutor of the city ordered their destruction, but 17 tons of ore, the contents of one truck, were found dumped in the river Mura while three others had disappeared. The polluted water had caused the death of one man and some livestock, according to residents, but no investigation was conducted by the authorities.

In 2008, Israel Kenda, a local journalist who was investigating the tragedy was found dead from “poisoning”, say his relatives. The mayor of Likasi, Marth Tshiwengo,  was removed from office “for letting the journalist film the pollution and interviewing the families of the victims,” says a source close to the affair. Environment Minister Didace Pembe objected to “media exaggeration.” The cargo belonged to a Chinese company, Magma-Lubumbashi, which declared itself innocent.

Asked to comment, authorities refer from pillar to post.  In Lubumbashi, the local departments of environment, mining and health cannot answer reporters’ questions without the approval of the “hierarchy”. In private, an official in charge of the environmental department puts the blame on “those who issue permits for mining operations from air-conditioned offices in Kinshasa.” According to him, “provincial departments lack the resources and influence” to face up to ‘corruption and blackmail’. The company bosses are often “friends of the authorities.”

The national Kinshasa government does not heed reports of local structures. On the contrary, it seems to object to them. A public prosecutor in Kolwezi, who also claimed anonymity, said that “some inspectors and courageous judges who dared to investigate mining and minerals trade were threatened and ordered to leave by their own superiors.” In Kinshasa, the Ministry of Environment recognizes “certain facts” but passes the buck to the judiciary.  Similarly for the Department of Mines.

Like the authorities, the mining companies do not acknowledge any responsibility for the environment, the fate of artisanal miners or the rights of local people. None of the companies mentioned above responded to questions. Emails and phone calls were left unanswered. In Lubumbashi, a local official of Chemaf said, however, that ‘his company was paying taxes and that the responsibility for environmental protection was up to the government’. A representative of SOMIKA, a trading company that buys the products of artisanal miners recognized that many miners died in the mines, but his company had ‘no involvement’ with them since they were ‘self-employed’.

*Names of interviewed civilians, miners and medical patients changes at their request

One response on “[DR Congo] The hell of mining in Katanga / [RDCongo] l’enfer des mines au Katanga

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