Media owners need to wisen up to the internet

Eric Mwamba

(French version below; version française ci-dessous)

My esteemed colleague Musikilu supported the view that many people in Africa and even in his country, Nigeria, do not have Internet access. I wonder whether we need some research to produce reliable statistics in this regard. In my experience, Nigerians are among those who use the Internet extensively. Three weeks ago, the Australian press published the story of a white Australian woman, who fell victim to a so-called 419 scam, and lost her life savings of a 100 000 dollars. The mail that became her downfall was sent from an internet cafe in Abuja, Nigeria.

There are dozens of stories like this every day, that show that many people in Africa do have Internet access, Clearly this is not necessarily to read our newspapers, but I wonder if the number of people who do use the internet for information is not as high, or maybe even higher than, the number of those who read print media. Even if it is still a minority, this still doesn’t mean we should throw in the towel. Let’s remember that the first web browser was only invented 15 years ago!

Newspaper owners who try their hand at online media should not forget that a newspaper company is a business. This requires resources and skills to maximize profits. We are now in a globalized economy. A company, let alone a newspaper company that wants to survive, must strengthen its capacity to expand its activities as much as possible beyond national borders.

Bisong Etahoben of Cameroon apparently does not see this dimension in his analysis of a failed online experience. He points to the problem of the lack of online advertising. But does this problem not result from a simple lack of foresight, and the making of poor choices? Many newspapers on the African continent do not have a website. Businessmen (both of African and western background) in the US and Europe, have persuaded these newspapers to give them their content for free, for use on their own websites for their own business purposes. Media practitioners in Africa easily fall for such approaches because they do not publish internationally and they see it as a PR opportunity. But of course, as they later find out, it is suicide for their own product. A good example of this is http://www.abidjan.net.

Internationally, information costs money, except in Africa, where even timber, diamonds and cocoa do hardly deliver any income to local citizens, professionals and businesses. News is comparable to these other commodities. After all, these freely accessible news sites offer free content that is paid for by the sweat of journalists. This happens without our consent and mostly, even without our knowledge.

The owners of many of these websites then also attract income from advertisers. The same goes for the ‘free blogs’ websites: the content is provided by individuals who want to make themselves heard, but they bring in money to the sites’ owners based on the number of clicks.

Lastly, two comments on the contribution by Bisong Etahoben:

1. It is not a good idea to publish online after you have sold the print edition, simply because the raison d’etre of the Internet is the immediate availability of information.

2.The lack of advertising revenue for both Africa News and Bisong Etahoben’s website is probably related to the limited outreach of these sites. In order to attract national advertisers, you need to have national impact, that is: your audience must consist of many people in your country. You will then also galvanize real influence on decision making by the powers that be. But if you do not have that, and you only reach a specific group of (richer) people, the only alternative is to make your information available by subscription only, like Africa Intelligence does.

Again, this raises the issue of quality. Many people would put their hands in their pockets only if the information is good.

VERSION FRANCAISE

Ce débat est passionnant. Je suis son évolution de manière soutenue.
Mon estimé confrère Musikilu a soutenu la version selon laquelle
beaucoup de gens en Afrique et même dans son pays, le Nigeria n’ont
pas accès à Internet. Même si nous n’avons pas encore des
statistiques, les Nigerians sont parmi ceux qui utilisent beaucoup
Internet. Il ya trois semaines, la presse people australiene a publié
l’histoire d’une femme australienne blanche avec un très bon niveau
d’éducation et une position professionnelle élevée.  Elle

Est tombée dans le piège d’un jeune Nigerian qui se faisait passé via
Internet pour un chirurgien britannique et lui a volé ses économies de
toute une vie, cent mille dollars. Ce jeune a utilisé Internet depuis
Abuja (Nigeria) pour séduire cette Australienne, 44 ans, qui vit à
Sydney.

Il existe de dizaines d’histoires comme celles-ci chaque jour qui
montre que les jeunes en Afrique ont accès à Internet mais pas
forcément pour lire nos journaux. Certes, peut-être, cela ne
représente pas grand-chose mais le nombre de gens qui ont accès à
Internet peut dépasser celui de ceux qui lisent la presse imprimée si
on fait un sondage.   Même si aujourd’hui, le nombre de gens qui ont
accès à Internet en Afrique n’est pas très élevé, on ne devrait pas
crier jusqu’à l’apocalypse d’autant plus que l’apparition du premier
navigateur sur le web dans le monde développé ne dure que depuis 15
ans. Et cela n’est pas un siècle. Les propriétaires de journaux ne
devraient pas oublier qu’une entreprise de presse est une affaire
commerciale. Cela suppose des moyens et de compétences pour maximiser
les profits. Nous sommes aujourd’hui dans une économie mondialisée.
Une société, à fortiori une entreprise de presse, qui veut survivre
dans renforcer ses capacités à élargir ses activités autant que
possible au-delà des frontières nationales.

Bisong Etahoben du Cameroun dont je viens de lire la contribution n’a
pas apparemment vu cette dimension dans l’analyse qu’il fait sur une
expérience échouée  du manque de publicité en ligne. Je dirais qu’il
s’agit tout simplement du manque de clairvoyance et de mauvais choix
de la presse africaine. Beaucoup de journaux sur le continent n’ont
pas de site internet. Des hommes d’affaires africains vivant aux USA
et en Europe ayant compris qu’il s’agit d’une opportunité d’affaires
ont créé des sites internet du modèle Abidjan.net en Côte d’Ivoire.
Ils ont persuadé des responsables de médias à mettre leurs contenus
sur ces espaces gratuitement. Ces derniers sont tombés dans le piège
en pensant à leur tour qu’il s’agissait d’une occasion de se faire
connaitre à travers Internet, parce que justement, ces responsables de
journaux n’ont pas un esprit d’entreprise. Partout dans le monde
l’information est une marchandise couteuse sauf en Afrique où même le
bois, le diamant, le cacao … ne nourrit pas son homme.  La vérité est
que ces sites qui hébergent gratuitement des contenus de journaux sont
payés grâce à la sueur des journalistes à leur insu. Premièrement,
grâce aux mises à jours réguliers en articles qui attirent des
visiteurs, ces sites ont des annonceurs qui payent directement leurs
promoteurs. C’est la même situation avec des pages des blogs
gratuitement animés par des gens qui ont envie de s’exprimer mais qui
rapportent de l’argent aux fondateurs des sites qui les hébergent au
nombre des clics. Deuxièmement, j’ai noté deux erreurs stratégiques
dans l’analyse de notre collègue Bisong Etahoben. A) La publication du
journal en ligne plusieurs heures ou jours après la vente de
l’imprimé. Cela enfreint au principe d’immédiateté d’une information
en ligne qui est la raison d’être de l’Internet. B) La gratuité par
manque de publicité. L’objectif d’un journal en ligne est de capter un
lectorat plus large. Je dirais sans frontières. Pourtant, l’expérience
de Sage Gayala et Bisong est basée sur un service ciblé sur les
publics du Congo et du Cameroun. Même s’il faut y ajouter les
ressortissants de ces pays à l’étranger, cela est insuffisant pour
mobiliser une opinion qui peut avoir de l’impact sur les décideurs et
faire bouger les choses dans ces pays. Donc, un journal en ligne doit
avoir une vision d’aigle. En tant qu’une entreprise commerciale
soumise aux charges salariales, impôts et factures d’eau,
d’éléctricité et j’en passe, il a la possibilité de sécuriser ses
contenus afin de les faire payer. C’est-à-dire qu’il faut publier des
sommaires d’articles et afficher des prix à verser en ligne pour une
lecture entière. Mais, encore une fois, cela pose le problème de
qualité. Beaucoup de gens seraient intéressés à mettre la main à la
poche uniquement s’il s’agit d’une information de haute facture
souvent inédite ou même connue mais traitée selon une stratégie
éditoriale différente. D’ailleurs, une édition en ligne reviendrait
relativement moins cher parce que sa préparation consomme moins
d’intrants.

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